Sauvegarder automatiquement son Raspberry Pi avec Restic

Une carte microSD qui rend l’âme, une mauvaise manipulation, un disque qui lâche : la perte de données guette tout utilisateur de Raspberry Pi. La meilleure parade reste la sauvegarde automatique. Restic est un outil moderne, rapide et chiffré qui s’en charge sans effort. Voici comment protéger durablement vos données.

Pourquoi Restic

Restic se distingue par trois qualités majeures : il chiffre les sauvegardes de bout en bout, il est incrémentiel (seules les modifications sont enregistrées, ce qui économise l’espace), et il prend en charge de nombreuses destinations (disque local, NAS, cloud). Open source et activement maintenu, son code est disponible sur GitHub. C’est l’outil idéal pour automatiser la protection d’un Pi.

Que faut-il sauvegarder

Sur un Raspberry Pi, concentrez-vous sur ce qui est irremplaçable : vos dossiers personnels, les configurations de vos services, les bases de données. Le système, lui, peut être réinstallé. Si vous hébergez un NAS ou un cloud, ces données sont prioritaires : voyez nos tutoriels NAS OpenMediaVault and Nextcloud.

Étape 1 : installer Restic

Restic est disponible dans les dépôts Debian :

sudo apt update && sudo apt install -y restic

Étape 2 : créer un dépôt

Un dépôt Restic est l’emplacement chiffré où sont stockées les sauvegardes. Il peut s’agir d’un disque externe, d’un dossier réseau ou d’un service cloud. Initialisez-le avec un mot de passe robuste, qui chiffrera l’ensemble :

restic init --repo /mnt/backup/restic-repo

Conservez précieusement ce mot de passe : sans lui, vos sauvegardes sont irrécupérables.

Étape 3 : lancer une première sauvegarde

Sauvegardez vos dossiers importants en une commande. Restic déduplique automatiquement les données, si bien que les sauvegardes suivantes sont très rapides et compactes :

restic -r /mnt/backup/restic-repo backup /home/pi /etc

Étape 4 : automatiser avec systemd

Pour des sauvegardes régulières sans y penser, créez un service et un timer systemd qui lancent Restic chaque nuit. Ajoutez une politique de rétention pour conserver, par exemple, les sept dernières sauvegardes quotidiennes et quatre hebdomadaires, en supprimant les plus anciennes :

restic -r /mnt/backup/restic-repo forget --keep-daily 7 --keep-weekly 4 --prune

Étape 5 : tester la restauration

Une sauvegarde n’a de valeur que si l’on peut la restaurer. Testez régulièrement la procédure : listez les sauvegardes (snapshots) puis restaurez un fichier dans un dossier temporaire pour vérifier que tout fonctionne. C’est l’étape trop souvent négligée, et pourtant la plus importante.

restic -r /mnt/backup/restic-repo snapshots
restic -r /mnt/backup/restic-repo restore latest --target /tmp/restore

Conclusion

Avec Restic, sauvegarder son Raspberry Pi devient une formalité automatique, chiffrée et fiable. En quelques minutes de configuration, vous vous prémunissez contre les pertes de données les plus courantes. N’attendez pas l’incident : mettez en place vos sauvegardes dès aujourd’hui, et pensez à tester vos restaurations.